Cuisiner pour les autres est un métier généreux, mais il a un défaut : on passe la journée entouré de nourriture et on finit par oublier de manger soi-même. On goûte une sauce, on grignote un morceau debout entre deux commandes, et l'heure du repas passe sans qu'on s'en aperçoive. Pourtant, celui qui prépare le repas mérite lui aussi de s'asseoir et de manger tranquillement, comme n'importe quel client.
Prévoir son propre repas
Commencez par vous poser la question : quand est-ce que je mange, moi ? Choisissez un moment dans le service, avant le coup de feu ou après, et notez-le. Dites-le à l'équipe pour que chacun sache que vous êtes indisponible à ce moment-là. Si vous travaillez seul, fixez-vous une heure et gardez-la, comme un rendez-vous avec un client important que l'on ne veut pas faire attendre.
Préparez votre repas à l'avance, comme vous le feriez pour les autres. Une portion mise de côté pendant la préparation, une boîte apportée de chez vous ou un plat simple que vous gardez au frais suffisent. Ne comptez pas sur ce qui reste à la fin, car il n'y a parfois plus rien. Mettez votre assiette, vos couverts et votre serviette dans un endroit précis, pour ne pas les chercher au dernier moment.
S'éloigner de la cuisine
Mangez dans un autre endroit que celui où vous travaillez. Une salle de repos, un coin de la salle, la cour ou la rue conviennent, tant que vous êtes loin des plaques et des commandes. Enlevez votre tablier, lavez-vous les mains et asseyez-vous vraiment. Si vous mangez debout devant le plan de travail, votre esprit reste au travail et le repas ne compte pas vraiment comme une pause.
Partagez ce moment avec les collègues quand c'est possible. Un repas d'équipe, même très simple, crée un lien et rappelle que la cuisine est un travail collectif. Ne parlez pas uniquement du service : racontez une anecdote, demandez des nouvelles. Ce moment est court, mais il compte. Quand vous retournez à vos casseroles, vous avez pris quelque chose pour vous, et cela change le reste de la journée.